A/ Dans un cercle perlé, monogramme cruciforme sans bras libres, dont se dégagent les lettres suivantes : A en haut, PNE sur les bras latéraux, Δ en bas. Lecture : ANDΡEAE — transcription en caractères grecs d'un génitif latin, Andreae, « d'André ».
A
PNE
Δ
R/ Dans un cercle perlé, monogramme cruciforme sans bras libres, dont se dégagent les lettres suivantes : Λ en haut, KOA sur les bras latéraux, V en bas. Lecture : Λούκα — génitif signifiant « de Loukas ».
Λ
KOA
V
Lecture complète : Andreae / Λούκα — « (sceau) d'André et de Loukas ».
Ø 16 mm ;
5,77 g
Ce sceau est remarquable à double titre. D'une part, il s'agit d'un sceau biface à deux noms, chaque face portant le génitif d'un sigillant distinct — André au droit, Loukas au revers. Ce type de sceau conjoint, attesté dès le VIe siècle, peut indiquer une association professionnelle, un lien familial (frères, associés) ou une responsabilité partagée dans un acte administratif ou commercial.
D'autre part, le nom André est ici rendu en caractères grecs mais sous sa forme latine au génitif — Andreae et non le génitif grec habituel Ἀνδρέου. Ce phénomène de translittération d'un génitif latin en alphabet grec est caractéristique de la période de transition linguistique du VIe siècle, où le latin demeurait encore une langue administrative de prestige dans l'Empire, avant que le grec ne s'impose définitivement sous Héraclius.
La forme des monogrammes cruciformes sans bras libres, où toutes les lettres sont intégrées aux branches de la croix, est typique de la production sigillographique des Ve–VIe siècles. L'absence de titulature sur l'une ou l'autre face ne permet pas de situer les deux sigillants dans la hiérarchie impériale.
Fiche technique