A/ Dans un cercle de grènetis, inscription en quatre lignes :
ΘΕ / ΟΤΟ / ΚΕΒΟ / ΗΘΕΙ
— Θεοτόκε βοήθει — « Théotokos, viens en aide ».
R/ Dans un cercle de grènetis, inscription en quatre lignes :
Ι̣Ω / ΑΝΝΟΥ / ΠΑΤΡΙ / ΚΙΩ
— Ἰωάννῃ πατρικίῳ — « à Jean, patrice ».
Ø 29 mm ;
17,05 g
Beau sceau de bon module, au type épigraphique pur, caractéristique de la sigillographie byzantine du VIIᵉ siècle. L'absence de tout élément iconographique — ni buste de saint, ni croix figurée — est pleinement cohérente avec la production plombique de cette période, où l'inscription seule structure les deux faces du sceau.
Le droit présente l'invocation Θεοτόκε βοήθει, « Théotokos, viens en aide », formulaire d'intercession mariale parmi les plus répandus dans la sigillographie ecclésiastique et laïque byzantine. La Théotokos — littéralement « celle qui a enfanté Dieu » — est le titre doctrinal officiellement consacré au concile d'Éphèse en 431, et dont la diffusion dans les pratiques sigillographiques accompagne l'essor du culte marial à Constantinople à partir du VIᵉ siècle. Cette invocation se rencontre sur des milliers de sceaux byzantins et ne constitue pas un marqueur prosopographique distinctif, mais elle atteste d'une dévotion mariale personnelle conforme aux usages de l'aristocratie byzantine.
Le revers porte la titulature au datif : Ἰωάννῃ πατρικίῳ, « à Jean, patrice ». Le patriciat (πατρικιότης) est l'une des dignités les plus élevées de la hiérarchie aulique byzantine : attribué par l'empereur, il place son détenteur au sommet de l'aristocratie sénatoriale, immédiatement en dessous des membres de la famille impériale et des titulaires des dignités zoste ou kaisar. Au VIIᵉ siècle, le titre de patrice (πατρίκιος) est encore une distinction de prestige à portée civile et militaire, avant que les réformes thématiques de la même époque ne redistribuent progressivement les fonctions de commandement vers de nouveaux titres. Le prénom Ἰωάννης est extrêmement fréquent dans la prosopographie byzantine de cette période ; sans donnée complémentaire (fonction territoriale, monogramme, parenté documentée), l'identification individuelle du sigillant demeure ouverte.
Par son module généreux (29,28 mm) et son poids (17,05 g), ce sceau se situe dans la fourchette haute des productions du VIIᵉ siècle, ce qui peut refléter l'importance du personnage ou simplement les usages de l'atelier émetteur.
Fiche technique