- Nouveau
Description : Chaton circulaire de bague en alliage cuivreux, détaché de son anneau (petite échancrure d'attache visible au sommet). Décor en relief moulé représentant une figure féminine assise dans une attitude de toilette, face à un support de mobilier. Patine vert clair uniforme et stable ; surface partiellement empâtée par les concrétions.
La figure féminine est assise, vue de profil ou en trois quarts à droite, le corps rendu schématiquement. Le bas du himation tombe en plis verticaux parallèles sur les cuisses ; le bras gauche est levé, plié au coude, la main portée à hauteur du visage, dans le geste caractéristique de celle qui tient un objet devant elle pour s'y mirer. Devant la figure se dresse un élément vertical élancé, vraisemblablement un support de mobilier de toilette : colonnette portant le miroir, petit guéridon supportant un coffret à bijoux (pyxis), ou support apparenté. Le disque du miroir (speculum / κάτοπτρον), s'il était figuré, n'est plus identifiable avec certitude dans l'état actuel de la surface.
Ø 13 mm ;
0,56 g
Réf : F. Henkel, Die römischen Fingerringe der Rheinlande und der benachbarten Gebiete, Berlin, 1913 ; M. Henig, A Corpus of Roman Engraved Gemstones from British Sites, BAR 8, 3ᵉ éd., 2007 ; F. H. Marshall, Catalogue of the Finger Rings, Greek, Etruscan, and Roman, in the Departments of Antiquities, British Museum, Londres, 1907.
L'iconographie de la femme à sa toilette tenant un miroir compte parmi les thèmes les plus stables et les plus diffusés du répertoire profane gréco-romain. Attestée du monde grec classique à l'Antiquité tardive — en peinture, en mosaïque, sur les céramiques et tout particulièrement sur les intailles et les pâtes de verre destinées au chatonnage des bagues —, elle admet deux lectures principales, qu'il n'est pas toujours possible de départager sur les exemplaires schématiques.
La lecture mythologique y reconnaît Vénus à sa toilette, type amplement attesté dans la glyptique romaine, où la déesse — nue ou drapée — est figurée assise ou debout, miroir levé, parfois accompagnée d'un petit Éros, d'une colonnette ou d'un coffret. Elle confère à l'objet une valeur à la fois ornementale et prophylactique, dans la sphère des amours et de la séduction.
La lecture profane y voit plus simplement une matrone à sa toilette, scène de gynécée célébrant le mundus muliebris et l'univers domestique féminin, sans surdétermination mythologique. Fréquente sur les intailles produites en série pour une clientèle modeste, elle n'exclut pas une valeur talismanique liée à la féminité ou à la beauté.
Le caractère schématique et linéaire du relief, la composition centrée sur une figure unique, la facture en moule (et non en taille de pierre) ainsi que le module et la matière de la pièce — alliage cuivreux, et non intaille en pierre dure — orientent vers une production romaine impériale d'époque tardive à tardo-antique, vraisemblablement comprise entre le IIᵉ et le IVᵉ siècle apr. J.-C. Cette fourchette est compatible avec la diffusion massive des bagues à chaton moulé bon marché, qui démocratisent alors, au sein des classes moyennes provinciales, des types iconographiques jusque-là réservés aux intailles en pierre. L'iconographie relève pleinement du répertoire profane antique et n'a aucune attache spécifiquement byzantine ni chrétienne.
Pour la typologie générale des bagues romaines à chaton circulaire à décor moulé, on consultera F. Henkel, Die römischen Fingerringe der Rheinlande und der benachbarten Gebiete, Berlin, 1913 (référence fondatrice, toujours active) ; M. Henig, A Corpus of Roman Engraved Gemstones from British Sites, BAR 8, 3ᵉ éd., 2007, pour le répertoire iconographique des intailles ; ainsi que F. H. Marshall, Catalogue of the Finger Rings, Greek, Etruscan, and Roman, in the Departments of Antiquities, British Museum, Londres, 1907, instrument de travail toujours indispensable. Le type de la femme au miroir est documenté dans la plupart des grands corpus régionaux d'intailles.