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Bronze (Æ) frappé à Apamée de Phrygie sous les magistrats Andronikos et Alkion (vers 100-50 av. J.-C.)
A/ Anépigraphe
Tête de Zeus à droite, ceinte d'une couronne de chêne.
R/ ΑΠΑΜΕΩΝ / ΑΝΔΡΟΝ / ΑΛΚΙΟ
Statue cultuelle d'Artémis Anaïtis de face, encadrée de ses supports. Légende ΑΠΑΜΕΩΝ (« des Apaméens »), accompagnée des noms abrégés des deux magistrats monétaires ΑΝΔΡΟΝ(ΙΚΟΣ) et ΑΛΚΙΟ(Ν).
Ø 20,04 mm ;
7,92 g
Réf : SNG von Aulock 8338 ; SNG Copenhagen 177 ; Weber 7026
Très bel exemplaire (TTB+ / Good Very Fine), aux reliefs nets et bien conservés, où se lisent avec netteté la tête de Zeus comme la statue cultuelle du revers. Le droit présente Zeus coiffé de la couronne de chêne, attribut du maître de l'Olympe ; le revers est occupé par l'image cultuelle d'Artémis Anaïtis, figurée de face, raide et frontale, et encadrée de ses supports latéraux. Cette « Artémis Anaïtis » procède de l'assimilation de la déesse grecque à l'antique divinité iranienne Anahita, déesse des eaux et de la fécondité dont le culte, favorisé par les souverains achéménides, s'était durablement implanté dans les cités d'Anatolie.
Ce type au Zeus et à l'Artémis Anaïtis constitue l'une des émissions de bronze civiques les plus caractéristiques d'Apamée à la fin de l'époque hellénistique ; il fut frappé sur plusieurs années sous le contrôle de magistrats successifs, dont les noms — ici Andronikos et Alkion — varient d'une émission à l'autre. Relativement bien représenté dans les collections, il demeure une pièce accessible et pleinement représentative du monnayage de cette grande cité marchande de Phrygie.
APAMÉE DE PHRYGIE (Apamée Kibôtos, « la Caisse »)
Située en Phrygie, près des sources du Méandre et du Marsyas et de l'antique cité phrygienne de Kélènes (Kelainai), Apamée fut fondée par le roi séleucide Antiochos Ier, qui lui donna le nom de sa mère Apama, épouse de Séleucos Ier Nicator. Carrefour des routes commerciales reliant la mer Égée, l'Égypte et l'Orient, elle devint l'un des plus grands centres marchands de l'Asie Mineure — le géographe Strabon la rangeait parmi les plus importants emporia de l'Asie — ce qui lui valut le surnom de Kibôtos, « la Caisse » ou « le Coffre », en référence à son rôle de grand entrepôt commercial.
Fiche technique