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Antoninien frappé à Antioche sous Gallien (règne seul, 266–268 apr. J.-C.)
A/ GALLIENVS AVG
Buste radié et cuirassé de Gallien à droite, vu de trois quarts en avant (B).
R/ LAETITIA AVG
Laetitia debout à gauche, tenant une couronne de la main droite et un gouvernail de la main gauche ; VIIC• à l'exergue.
Ø 22,81 mm ;
3,45 g
Réf : MIR 36, 1642b ; RIC V 616 ; RSC 425
Avec seulement 8 exemplaires répertoriés dans le MIR (Göbl), ce MIR 1642b compte parmi les antoniniens d'Antioche peu commun du règne solitaire de Gallien.
Le type LAETITIA AVG appartient à la dernière phase d'émission de l'atelier d'Antioche sous Gallien, datable de 266–268 apr. J.-C., caractérisée par la marque d'exergue VIIC• — VII désignant la VIIᵉ émission, C identifiant l'officine. La Laetitia (Allégresse) y est représentée sous sa forme canonique : debout à gauche, couronne dans la main droite, gouvernail dans la main gauche. Le gouvernail est l'un de ses attributs traditionnels, symbole de la conduite heureuse du destin impérial — une rhétorique particulièrement chargée à Antioche, pivot stratégique et économique de l'Orient romain, que Gallien s'efforçait de maintenir dans l'orbite de l'empire après les secousses des années 260. Cet antoninien appartient au sous-type b du MIR 1642, défini par le buste cuirassé vu de trois quarts en avant (type B de la nomenclature göblienne) — une distinction qui, sur un flan aussi bien conservé, est pleinement lisible.
Gallien (Publius Licinius Egnatius Gallienus), règne conjoint : 253–260 ; règne solitaire : 260–268 apr. J.-C.
Fils et corégent de Valérien, Gallien assuma seul le pouvoir à partir de 260, lorsque son père fut capturé par Châpur Iᵉʳ lors de la désastreuse bataille d'Édesse — une captivité sans précédent pour un empereur romain dont l'écho traumatisa l'empire. Son règne solitaire fut marqué par une cascade de crises : sécession de l'Empire des Gaules à l'ouest (Postume, 260), naissance du royaume de Palmyre à l'est (Odénat, puis Zénobie), et une succession d'usurpateurs que l'Historia Augusta dénombre — avec une emphase dramatique — en trente tyrans. Face à ces défis simultanés, Gallien engagea des réformes militaires profondes, notamment la création d'une cavalerie lourde mobile (les équites promoti), précurseur des armées tardo-antiques. Son règne connut aussi un renouveau culturel et philosophique remarquable : il fut proche du cercle de Plotin et envisagea la fondation d'une cité philosophique, Platonopolis. Assassiné lors du siège de Milan en septembre 268, Gallien laissa paradoxalement une empreinte durable sur l'administration et la défense de l'empire, que ses successeurs immédiats n'eurent qu'à consolider.
Fiche technique