Aurélianus frappé à Antioche (4ᵉ officine) sous Probus (281)
A/ IMP C M AVR PROBVS PF AVG
Buste radié, drapé et cuirassé de Probus à droite, vu de trois quarts en arrière (buste A2 Bastien).
R/ RESTITVT ORBIS
La Victoire debout à droite, tendant une couronne à l'empereur debout à gauche, tenant un globe de la main droite et un long sceptre de la main gauche. Δ au champ ; XXI à l'exergue.
Ø 20,98 mm ;
3,54 g
Réf. : RIC V.2, 925 ; Sear 12021 ; probus coins 2509
Le type RESTITVT ORBIS — « Restaurateur du monde » — est l'une des légendes les plus chargées de sens du monnayage de l'anarchie militaire. Probus la reprend à son compte avec une insistance particulière : elle résume l'ambition politique et militaire d'un règne entièrement consacré à la restauration des frontières et de l'ordre intérieur après les décennies de chaos qui avaient suivi la mort de Gallien. La composition du revers est limpide dans sa rhétorique : la Victoire, personnification ailée du succès militaire, remet une couronne à l'empereur en personne — scène qui place Probus non comme bénéficiaire passif de la victoire divine, mais comme acteur direct de la restauration impériale.
Cet aurélianus est frappé à Antioche en 281, 4ᵉ émission, 4ᵉ officine, identifiable à la lettre Δ placée dans le champ du revers, au-dessus de la marque d'exergue XXI héritée de la réforme monétaire d'Aurélien. Le buste A2 de Bastien — radié, drapé et cuirassé, vu de trois quarts en arrière — est l'un des bustes les plus dynamiques et les plus représentatifs du style de l'atelier d'Antioche sous Probus, dont la production de 281 est particulièrement bien documentée. L'atelier syrien, l'un des plus actifs de la période, frappait en billon argenté pour les besoins de l'armée d'Orient et du commerce régional.
PROBUS (19 août 276 – septembre/octobre 282)
Marcus Aurelius Probus, natif de Sirmium en Pannonie, était l'un des généraux les plus brillants de son époque lorsque l'armée d'Orient le proclama empereur après la mort de Tacite en 276. Son règne de six ans fut presque entièrement consacré à des campagnes militaires : il repoussa les Alamans, les Francs et les Burgondes des provinces rhénanes et danubiennes, réduisit plusieurs usurpateurs — Saturninus, Proculus, Bonosus —, et mena des opérations en Égypte et en Orient. Grand administrateur, il employa ses soldats à des travaux d'utilité publique — drainage de marais, plantation de vignes en Gaule et en Pannonie — ce qui lui valut sans doute le ressentiment d'une partie de la troupe. Il fut assassiné par ses propres soldats à Sirmium, sa ville natale, alors qu'il les faisait travailler à l'assèchement d'un marais. Sa mort ouvrit la voie à Carus et à ses fils, derniers représentants de l'anarchie militaire avant Dioclétien.
Fiche technique