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✦ Rare ✦
A/ Saint militaire debout, en tenue militaire, tenant un bouclier et une lance ; identité incertaine (saint Théodore ?).
R/ Inscription sur plusieurs lignes. La matrice ayant été gravée en miroir, la lecture ne se restitue qu'après retournement horizontal :
[...] Ο [...]
[...] ΠΟΛ
(Ο)VϹ ΠΡΟΤ
-ΟϹ ΠΑΘ
-ΑΡΗϹ [???]
[???]
Lecture restituée partielle : […] πόλεως (?) — ou un anthroponyme en ‑όπουλος — […] πρωτοσπαθάριος […].
Ø 23 mm ;
12,58 g
Ce sceau présente une particularité sigillographique peu commune : au revers, la matrice (boulloterion) a été gravée en miroir horizontal, de sorte que l'inscription reste illisible dans son orientation normale et n'en livre le sens qu'après retournement.
Une fois l'image inversée, la lecture partielle laisse reconnaître avec assurance le titre πρωτοσπαθάριος (protospathaire), dignité honorifique de rang élevé dans la hiérarchie palatine byzantine des Xᵉ-XIIᵉ siècles. Le groupe ΠΟΛ, qui précède immédiatement le titre, peut appartenir soit à un anthroponyme en ‑όπουλος, soit à la forme abrégée πόλ(εως), « de la ville ». Dans cette dernière hypothèse, le complément se trouverait placé en tête de la titulature, avant le titre lui-même, inversant l'ordre habituel (nom, puis titre, puis éventuel toponyme). On peut avancer, à titre purement conjectural, que cette disposition inhabituelle jointe à la gravure en miroir trahirait un graveur accoutumé à une écriture de sens inverse (structure de type sémitique) ; l'hypothèse demande toutefois confirmation. En l'état, le nom du titulaire comme le toponyme éventuel restent indéterminés.
Au droit, le saint militaire au bouclier et à la lance — vraisemblablement saint Théodore, l'un des patrons militaires les plus représentés dans la sigillographie byzantine des Xᵉ-XIIᵉ siècles — s'accorde avec l'image martiale volontiers revendiquée par les dignitaires de ce rang. La datation retenue (Xᵉ-XIIᵉ siècle) repose sur des critères typologiques, au premier chef le style de la figure du saint au droit.
Fiche technique