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Demi-follis de grand module frappé à Constantinople sous Anastase Ier (491-518)
A/ DN ANASTAS-IVS P P AVG
Buste diadémé, drapé et cuirassé d'Anastase Ier à droite, vu de trois quarts en avant.
R/ Anépigraphe
Grand K (marque de valeur de 20 nummi) ; croix à gauche, ϴ à droite.
Ø 27,74 mm ;
8,17 g
Réf : Sear 25, Sommer 1.22, MIBE 33
Exemplaire très agréable en main, au module généreux, revêtu d'une belle patine harmonieuse qui met pleinement en valeur le relief de la pièce.
Ce demi-follis appartient à la seconde phase du monnayage de cuivre d'Anastase. La réforme de 498, conduite par le comte des largesses sacrées Jean le Paphlagonien, avait rendu au bronze une structure cohérente en créant le follis de 40 nummi et ses divisions, dont la valeur était désormais inscrite sur le revers au moyen de chiffres grecs : M pour 40, K pour 20, I pour 10, Ε pour 5. Ces premières pièces restaient toutefois de petit module et d'un poids modeste. En 512, le poids et le diamètre des espèces de cuivre furent sensiblement augmentés : c'est à cette émission de grand module qu'appartient notre exemplaire, dont les 27,74 mm de diamètre et les 8,17 g témoignent directement.
Le revers combine le grand K, marque de valeur du demi-follis, une croix placée à gauche et la lettre ϴ à droite, généralement interprétée comme la marque de la cinquième officine de l'atelier de Constantinople. Cette formule, dépouillée et purement fonctionnelle, illustre bien l'esprit de la réforme : donner à l'usager un repère de valeur immédiatement lisible, sans légende ni image. C'est là l'acte de naissance du monnayage de bronze byzantin, qui conservera ce système de marques de valeur pendant plusieurs siècles.
Pour le collectionneur, un tel exemplaire constitue une pièce de départ idéale pour une collection byzantine : il incarne le point exact où le monnayage romain tardif devient byzantin, dans un module confortable qui laisse apprécier le portrait comme le revers.
ANASTASE Ier (11/04/491-09/07/518)
Originaire de Dyrrachium, Anastase était silentiaire au palais lorsque l'impératrice Ariane le choisit, à la mort de Zénon, pour ceindre la pourpre ; il l'épousa quelques semaines après son avènement. Son règne, long de vingt-sept ans, fut celui d'un administrateur hors pair : il vint à bout de la révolte isaurienne, affronta les Perses sassanides, fit élever la Longue Muraille de Thrace pour protéger la capitale, supprima l'impôt honni du chrysargyre et réforma le monnayage de cuivre, laissant à sa mort un trésor considérable. Ses sympathies monophysites lui valurent en revanche de vives tensions religieuses et la révolte de Vitalien. Mort près de nonagénaire, il eut pour successeur le comte des excubiteurs Justin Ier.
Fiche technique